_
_[c]
_[c]
Un soir comme tant d'autres, les yeux fixés sur la musique, défiant le silence. Je te regarde te mordiller nerveusement les lèvres, l'esprit ailleurs. Je sais à quoi tu penses, il y a bien longtemps que tu es devenue transparente pour moi. Je peux presque voir les images et les phrases défiler dans ton esprit. Des souvenirs sans cesse ressassés pour se rassurer ; pour parler au passé, comme si cela allait adoucir le vide irrévocable que tu redoute de croiser à chaque coin de rue.
Première image, premier regard, premier mot, et tant d'autres qui ont suivis, tantôt trop peu nombreux, tantôt lourds de vérité. Des silences plus utiles que des longues phrases, et toujours cette distance entravant tout réconfort physique. Mais tu te répète que l'intention y était, n'est-ce pas ? A certains niveaux, cela importe peu. Je te vois ouvrir la bouche pour répondre, et la refermer précipitament. Tu me jette ce regard que je connais trop bien, ce "fais gaffe à ce que tu dis !" lourd de menaces. Oui, j'ai encore parlé au passé... Peut-être est-ce plus facile pour moi... Je m'en veux. Tu te détourne avec indifférence et relance la musique. Ta main se suspend au-dessus du clavier, hésitant à envoyer un message de "détresse" pourait-on presque dire. Les mots "tu me manques" et "je t'aime" se posent sur tes lèvres, mais tu les ravales bien vite. Tu as peur qu'à force de les dire ils s'usent et perdent de leur sens. Ils sont sincères, pourtant. (...)
Première image, premier regard, premier mot, et tant d'autres qui ont suivis, tantôt trop peu nombreux, tantôt lourds de vérité. Des silences plus utiles que des longues phrases, et toujours cette distance entravant tout réconfort physique. Mais tu te répète que l'intention y était, n'est-ce pas ? A certains niveaux, cela importe peu. Je te vois ouvrir la bouche pour répondre, et la refermer précipitament. Tu me jette ce regard que je connais trop bien, ce "fais gaffe à ce que tu dis !" lourd de menaces. Oui, j'ai encore parlé au passé... Peut-être est-ce plus facile pour moi... Je m'en veux. Tu te détourne avec indifférence et relance la musique. Ta main se suspend au-dessus du clavier, hésitant à envoyer un message de "détresse" pourait-on presque dire. Les mots "tu me manques" et "je t'aime" se posent sur tes lèvres, mais tu les ravales bien vite. Tu as peur qu'à force de les dire ils s'usent et perdent de leur sens. Ils sont sincères, pourtant. (...)
Le 20 mars 2007
pix : le cloître de Fabert, le 16 juin 2006.
pix : le cloître de Fabert, le 16 juin 2006.


